Calculer la performance d’un portefeuille : la méthode complète
Mis à jour le 30 septembre 2026

Calculer la performance d’un portefeuille sans confondre argent ajouté et gain
Pour calculer la performance d’un portefeuille, regarder seulement sa valeur actuelle ne suffit pas. Un portefeuille de 2 000 000 FCFA peut être en gain si vous y avez versé 1 700 000 FCFA, ou en perte si vous y avez versé 2 300 000 FCFA. Les retraits compliquent encore la lecture : l’argent sorti ne disparaît pas de votre résultat.
La méthode sépare les flux venant de votre poche des résultats produits par les placements. Elle intègre versements, retraits, frais, dividendes, ventes et positions encore détenues. Elle répond ainsi à une question précise : combien le portefeuille a-t-il réellement rapporté sur la période ?
Commencez par enregistrer tous les flux
Un calcul fiable part d’un historique complet. Pour chaque opération, conservez sa date, son montant et sa nature.
| Opération | Effet sur le portefeuille | Est-ce une performance ? |
|---|---|---|
| Versement | Apporte du capital | Non |
| Retrait | Sort du capital | Non |
| Achat | Transforme du cash en titres | Non, à lui seul |
| Vente | Transforme des titres en cash | Le gain ou la perte compte |
| Dividende | Ajoute un revenu | Oui |
| Frais et taxes | Réduisent la valeur nette | Oui, négativement |
| Variation d’un titre détenu | Change sa valeur de marché | Oui, tant que le cours est fiable |
Cette distinction évite l’erreur la plus courante : prendre un nouveau versement pour un gain. Si vous ajoutez 500 000 FCFA aujourd’hui, la valeur du portefeuille progresse de 500 000 FCFA, mais votre performance n’a pas bougé d’un franc.
Dans Famaya, les portefeuilles sont des simulations. Gains, prix de revient et rendements restent indicatifs. Ils peuvent différer du relevé de votre SGI selon les frais, taxes, prix d’exécution ou opérations manquantes. Le relevé de compte reste la référence.
La formule du gain net sur une période
Si la valeur de départ est connue, le gain économique net s’écrit ainsi :
gain net = valeur finale + retraits - versements - valeur initiale
Pour un portefeuille créé à zéro, la formule devient :
gain net depuis l’origine = valeur actuelle + retraits cumulés - versements cumulés
La valeur finale doit inclure les titres au dernier cours disponible et le solde de trésorerie. Les dividendes encore présents en cash y figurent déjà. Les dividendes retirés du portefeuille sont compris dans les retraits. Il ne faut donc pas les ajouter une seconde fois.
Supposons que vous versiez 1 000 000 FCFA, puis 300 000 FCFA quelques mois plus tard. Vous retirez ensuite 100 000 FCFA. Au jour du calcul, vos titres et votre cash valent 1 360 000 FCFA.
gain net = 1 360 000 + 100 000 - 1 300 000 = 160 000 FCFA
Votre richesse issue de ce portefeuille est de 1 460 000 FCFA : 1 360 000 FCFA encore investis ou disponibles, plus 100 000 FCFA déjà retirés. Elle est comparée aux 1 300 000 FCFA apportés.
Décomposer le résultat pour comprendre d’où il vient
Le gain net peut aussi être expliqué par ses composantes :
gain net = gains réalisés + gains non réalisés + dividendes - frais et taxes
Le gain réalisé apparaît après une vente. Pour utiliser la formule ci-dessus, calculez-le d’abord hors frais : si vous achetez 20 actions pour 200 000 FCFA hors frais, puis les revendez 230 000 FCFA hors frais, le gain réalisé brut est de 30 000 FCFA. Les frais et taxes liés aux deux opérations sont ensuite retranchés sur leur ligne. Si votre courtier affiche déjà un gain net de ces coûts, ne les déduisez pas une seconde fois.
Le gain non réalisé concerne les titres encore détenus. Dix actions dont le coût total est de 100 000 FCFA et qui valent maintenant 118 000 FCFA portent un gain latent de 18 000 FCFA. Il peut évoluer jusqu’à la vente. Sur une action peu liquide, le dernier cours connu ne garantit pas que toute la position puisse être vendue immédiatement à ce prix.
Les dividendes constituent une troisième source de résultat. Ils comptent qu’ils soient conservés en cash, retirés ou réinvestis. Un dividende réinvesti ne doit toutefois être compté qu’une fois : d’abord comme revenu, puis le nouvel achat transforme ce cash en titres sans créer un second gain.
Enfin, les frais de courtage, de tenue de compte et les taxes réduisent la performance nette. Ils diminuent aussi les sommes qui restent disponibles pour produire un rendement. Même un petit pourcentage devient sensible quand les opérations se répètent.
Calculer un taux de rendement simple
Pour une période sans versement ni retrait intermédiaire, vous pouvez rapporter le gain net au capital de départ :
rendement simple = gain net ÷ valeur initiale × 100
Avec 160 000 FCFA de gain sur 1 300 000 FCFA présents dès le premier jour, le rendement serait de 12,31 %. Mais ce résultat serait trompeur si les 300 000 FCFA supplémentaires n’avaient été versés qu’à la fin de la période. Ce capital aurait alors pesé autant dans le dénominateur qu’une somme investie pendant toute l’année.
Le taux simple convient donc à une période courte sans flux, ou à une estimation clairement présentée comme telle. Dès que les apports et retraits sont nombreux, il faut tenir compte de leurs dates.
TRI ou rendement pondéré par le temps : deux questions différentes
Le taux de rendement interne, souvent appelé TRI, pondère chaque flux selon sa date. Il répond à la question : quel rendement annuel rapproche mes versements et retraits de la valeur finale ? Il reflète votre expérience réelle, y compris le moment où vous avez décidé d’ajouter ou de retirer de l’argent.
Le rendement pondéré par le temps découpe au contraire la période à chaque flux externe, calcule le rendement de chaque sous-période, puis les enchaîne. Il neutralise largement l’effet du calendrier de vos versements. Il convient mieux pour comparer la gestion de deux portefeuilles lorsque leurs propriétaires n’ont pas versé les mêmes montants aux mêmes dates.
Les standards de mesure de performance distinguent eux aussi les rendements pondérés par le temps et par les capitaux. Pour un particulier, le choix dépend simplement de la question posée : le TRI pour mesurer son expérience, le rendement pondéré par le temps pour isoler davantage la performance des placements.
Un exemple complet avec frais et dividendes
Prenons un portefeuille hypothétique créé avec un versement de 1 500 000 FCFA. Les achats génèrent 12 000 FCFA de frais. Pendant l’année, les titres versent 90 000 FCFA de dividendes nets. Une vente produit un gain réalisé brut de 70 000 FCFA, tandis que les titres encore détenus affichent 55 000 FCFA de gain latent avant prise en compte des frais d’achat. D’autres frais de tenue de compte atteignent 5 000 FCFA.
| Composante | Montant |
|---|---|
| Gains réalisés bruts | +70 000 FCFA |
| Gains non réalisés avant frais d’achat | +55 000 FCFA |
| Dividendes nets | +90 000 FCFA |
| Frais d’achat et de tenue | -17 000 FCFA |
| Gain net expliqué | 198 000 FCFA |
Si tous les flux sont correctement enregistrés, la formule basée sur la valeur finale doit retrouver ces 198 000 FCFA. Un écart entre les deux calculs révèle souvent un dividende oublié, un frais absent, une quantité incorrecte ou un double comptage. Une autre présentation peut partir de gains déjà nets de frais ; dans ce cas, la ligne de frais correspondante doit disparaître.
Pour comprendre le montant brut, le net et la date de prise en compte d’un coupon, consultez le calendrier des dividendes BRVM 2026.
Les contrôles à faire avant de croire le pourcentage
Vérifiez d’abord que la trésorerie n’est pas comptée deux fois, dans le solde cash puis dans la valeur des titres. Contrôlez ensuite que chaque achat et chaque vente utilisent le montant réellement exécuté, frais inclus. Un ordre placé n’est pas forcément une opération exécutée.
Recherchez les opérations sur titres : fractionnement, attribution d’actions, fusion ou changement de symbole peuvent fausser la quantité et le prix de revient. Vérifiez aussi la date des cours. Un portefeuille valorisé avec certains cours du jour et d’autres vieux de plusieurs semaines donne une photographie hétérogène.
Enfin, comparez toujours des périodes identiques. Une performance depuis janvier et une performance depuis l’ouverture du portefeuille ne répondent pas à la même question. Notez la date de départ, la date de fin, la méthode et si le résultat est brut ou net de frais.
Suivre sa performance dans Famaya
Ouvrez votre portefeuille dans Famaya. L’en-tête présente sa valeur et son graphique. Les onglets « Aperçu », « Analyse », « Transactions » et « Objectif » organisent le suivi ; « Analyse » affiche la performance, un diagnostic et un benchmark.
Dans « Transactions », touchez une ligne pour voir son détail et, si elle est éligible, la modifier ou la supprimer. Pour ajouter une opération manquante, choisissez « Nouvelle transaction » dans le menu. Rapprochez ensuite quantités, cash, dividendes et frais avec vos documents de SGI.
Si vous découvrez encore le marché, le guide pour investir à la BRVM explique le rôle de la SGI et les étapes d’un premier investissement. Le tutoriel Bien démarrer avec Famaya présente les principales fonctions de l’application.
Une bonne mesure s’explique d’abord en francs : apports, retraits, valeur restante et origine de l’écart.
Cet article est fourni à titre informatif et pédagogique uniquement. Il ne constitue pas un conseil en investissement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision d'investissement, renseignez-vous auprès d'une SGI agréée par l'AMF-UMOA.
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